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Préparation #8 – Rouler ou porter, il faut choisir

 La pente est rude !

Cette semaine, nous allons nous intéresser aux forts pourcentages souvent rencontrés par les amateurs de VTT et encore plus lorsqu’il s’agit de VDM (1). Certaines épreuves comme notamment la Transvésubienne font figure de proue dans ce domaine. Georges Edwards le rappelle dans une brève description de son épreuve en écrivant sur le site officiel : « Ainsi les Riders qui maîtrisent le mieux la technique d’ascension à basse vitesse à partir de leur transmission démultipliée au maximum (22*36), pourront encore glaner de précieuses minutes et économiser leur effort ». Au vu du dernier tracé proposé en 2011, il pourrait même préciser que l’efficacité de la technique de portage de son fidèle destrier est une condition sine qua non de la réussite d’une telle aventure. Nous ne nous attarderons pas davantage sur l’intérêt de proposer de tels pourcentages puisque nous partageons aussi chez TransbiKING cette philosophie consistant à chercher le chemin le plus direct et rapide pour accéder à de belles descentes. Ce n’est pas encore une philosophie à part entière puisqu’on peut aussi se régaler sur des pentes moins abruptes si la technicité requise est suffisante mais le sujet mérite que l’on s’attarde un peu sur la question.

Portage classique, take it easy...

La question du développement

En VTT, la gamme des braquets disponibles est adaptée aux fortes pentes mais le développement minimal varie beaucoup selon le type de transmission choisi par le rider ou aussi par la tendance du moment pour le diamètre des roues… Il n’est pas rare actuellement de constater que chacun y va de sa propre transmission adaptée à sa façon de pédaler et à sa puissance musculaire.

Pour calculer un développement (D) correspondant à la distance parcourue pour un tour de pédale, il suffit de multiplier le braquet utilisé par 3,14 et le diamètre de la roue (d).

Le braquet (b) étant égal au rapport du nombre de dents du plateau (N) sur le nombre de dents du pignon (n).

On obtient les formules suivantes :  D=3,14*b*d

Quelques exemples de développement :

(attention, ces mesures sont aléatoires car très variables selon les marques et les dimensions de pneus utilisés)

Une roue de VTT 26 pouces de (diamètre 559mm) équipée d’un pneu de section 2.0 pouces atteint 559mm de diamètre, une roue de VTT 29 pouces est une roue de même diamètre que sur un vélo de route (622mm) mais qui montée avec un pneu VTT atteint 736mm de diamètre.

On obtient ainsi les développements suivants pour une cassette 10 vitesses en 36 dents :

  • VTT 26’ : 22*36 = 1,07m, 26*36 = 1,26m, 28*36 = 1,36m, 32*36 = 1,56m
  • VTT 29’ : 22*36 = 1,41m, 26*36 = 1,66m, 28*36 = 1,79m, 32*36 = 2,05m

Force est de constater qu’à braquet égal il existe une réelle différence de développement entre le 26 et le 29 pouces. Les « twentyniners » habitués à rouler en 22*36 et roues de 26 pouces auront d’ailleurs du mal à trouver les mêmes développement. Quels que soient les choix de transmission, mono, double, triple plateau, 9, 10 vitesses, 32, 34 ou 36 dents, il convient de prendre en compte ces quelques chiffres pour ne pas se tromper et avoir un matériel adapté !

photo n°2, Ernesto Mendoza, 10° de la TV 2011

Entre portage et roulage

Au développement utilisé il convient d’associer la cadence de pédalage en tours par minute pour mesurer la vitesse du déplacement. A 80 tours par minutes en 26*36 on monte donc à environ 6km/h. En dessous de cette cadence de pédalage, il y a fort à parier que l’on se déplace plus vite en marchant ! Si l’on prend le temps de tester son aptitude à porter il peut être très intéressant de savoir identifier rapidement à quel moment l’on doit adopter une technique de déplacement plutôt qu’une autre. Le coût énergétique du déplacement est aussi à prendre en compte. En effet, si l’on porte aisément son vélo à 6km/h il est inutile de dépenser trop d’énergie à essayer de rester sur le vélo même si l’on s’en sent capable. Sur les épreuves longues, l’économie d’énergie est une donnée prioritaire.

Comme dans le précédent article où nous avions évoquer la notion de mesure dans l’entraînement « qui ne mesure, guère ne dure », la capacité du Transbiker à évaluer le coût énergétique du déplacement en rapport avec sa vitesse de déplacement constitue une arme supplémentaire dans la gestion de son effort.

Porter et se ravitailler

Ajoutés à la notion de coût énergétique, d’autres paramètres sont à prendre en compte. En effet, le portage s’il est bien réalisé et si l’on est suffisamment aguerri à la technique peut permettre de combiner plusieurs actions comme par exemple le fait de se ravitailler plus facilement ou encore de faire travailler d’autres groupes musculaires. Si le vélo est bien équilibré sur le dos on peut alors libérer une main pour boire et manger tout en continuant sa progression. Certains pourront même envoyer des tweets ! Cela permet de pouvoir se concentrer sur le pilotage une fois l’ascension terminée et avant de s’engager dans une longue descente où il sera bien difficile de lâcher le cintre.

photo n°3, Julien Absalon en 2011 à Oz en Oisans

Portage et course à pied

Revers de la médaille, certains riders soulignent souvent le fait que les crampes surviennent justement dans ces moments de transition entre portage et roulage. C’est d’autant plus vrai que les muscles n’ont pas été entraînés à ce type de changement brutal. Il convient dans ce cas de consacrer une partie de son entraînement à la course à pied et en l’occurrence ; la course en montagne.

Inutile de chercher à améliorer sa vitesse de course sur un 10km plat si l’on souhaite transférer les acquis de la course à pied à la pratique du vélo de montagne. La fréquence des appuis sur une course en côte est bien moindre et les muscles travaillent essentiellement sur des contractions de type concentriques (lorsque le muscle se raccourcit en opposition à excentrique lorsqu’il s’allonge ou isométrique lorsqu’il résiste sans mouvement). Ce sont d’ailleurs toutes ces contractions isométriques qui entraînent le plus souvent des courbatures suite à des courses en descente ou sur le plat.

On privilégiera donc le travail de la course à pied sur des ascensions de fortes pentes réalisées en force en cherchant à augmenter l’amplitude des foulées par une foulée haute et grande à basse vitesse. Quelques éducatifs d’athlétisme tels que les foulées bondissantes sur pente moyenne permettent entre autres d’atteindre de tels objectifs. Dans un tout autre registre, la randonnée en montagne avec sac à dos bien rempli permettra également le travail de la force en endurance de manière plus ludique mais tout aussi appréciable pour mieux porter.

Porter et se remettre en selle

C’est souvent dans ces moments de transition que l’on va perdre du temps ou gaspiller de l’énergie. Autant il est assez simple et rapide de descendre de vélo, autant la façon de se remettre en selle n’est pas chose aisée. L’idéal étant de ne pas marquer de temps d’arrêt dans le déplacement, il convient de bien choisir le moment où l’on va se remettre à pédaler. Si l’on est à l’arrêt, il faudra alors enfourcher son vélo, enclencher une pédale avant de relancer la machine et reprendre de la vitesse. Si au contraire on peut sauter sur le vélo à la manière d’un cyclocrossmen, toutes ces actions se feront en équilibre tout en avançant. Il faut donc choisir le moment et le terrain qui s’y prête de la meilleure façon qu’il soit. La vitesse de déplacement à pied doit être élevée et le terrain roulant et peu pentu pour pouvoir lancer le vélo tout en s’installant sur la selle. Afin de se positionner sur le vélo et d’enclencher les pédales, le vélo doit continuer à avancer sur l’élan pendant 2 ou 3 mètres.

photo n°4, Damien Oton dans son exercice préféré

Techniques de portage VTT

Il en existe plusieurs comme vous avez pu le constater sur les différentes photos qui illustrent cet article. En plus d’offrir une position confortable, il faut aussi évaluer le temps que l’on va passer à porter. Pour un portage court, il faut pouvoir placer son vélo rapidement sur soi et l’enlever tout aussi vite. C’est la technique utilisée par Ernesto Mendoza. Pour un portage plus long, on peut perdre un peu plus de temps à enfourcher son bike pour adopter une position plus confortable permettant de garder le haut du corps droit afin de se relâcher et éventuellement de se ravitailler comme le fait Damien Oton. Enfin, si le terrain est roulant on peut aussi pousser son vélo sans trop d’effort comme le fait Julien Lopez. Si en plus on souhaite courir avec son vélo sur le dos comme le fait Julien Absalon, alors il vaut mieux ne pas avoir de VTT tout suspendu pour passer l’épaule à l’intérieur du cadre aisément.

photo n°5, Julien Lopez 8° de la TV 2011

 

Il ne vous reste plus qu’à passer à la phase expérimentation, on en reparle dans moins de 100 jours. On fait monter la pression….

 

  • 1. Vélo De Montagne

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5 comments to “Préparation #8 – Rouler ou porter, il faut choisir”

  • vince, 20 jan ’12 at 20 h 34 min
    j'ai vu que vous etiez de la partie sur le raid des 3 vallées . Ravie que vous soyez parmi nous , j'espère avoir l'occasion de vous voir porter les vélos !! . Et il y aura quelques occasions . à bientot les transbikers !
  • laurent, 21 jan ’12 at 10 h 23 min
    On y sera en effet, en espérant se régaler sur vos traces !
  • j.yves, 23 jan ’12 at 22 h 33 min
    Merci pour les conseils! au boulot!
  • LN, 25 jan ’12 at 20 h 18 min
    "L'idéal c'est pas que tu restes le plus longtemps possible sur le vélo, mais de savoir quand en descendre pour s'économiser, surtout quand tu pars pour un périple de 12h....." Bryce (01/2011) voilà comment en une phrase j'apprends 1/que je suis incrite à le TransV, 2/que vu le développement qu'il m'a promis, je vais porter la moitié du temps....je fais bien de m'entraîner en trail moi je sens.....
  • Hailey eviden, 27 jan ’12 at 5 h 40 min
    Faut la comprendre, entre les trois gosses, le chien, la cuisine et le m

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